Concept :
Le Projet Samael
Section 1
Vies et morts d'un Archange

Samael est une oeuvre qui comprend plusieurs éléments d’architecture:

- un aspect littéraire et poétique. 6 styles différents (un pour chacune des 6 parties), adaptés au propos, représentant 6 dimensions de la psyché, plus précisément 6 constituants de la révolte : trauma, sacrifice, deuil, impuissance, colère, rétribution. D'ailleurs, avant tout autre point, c'est en tant qu'exercice de style et expérience littéraire que ce livre doit être considéré. Il est une démonstration de philosophie littéraire. 

- un décor factuel. L’histoire, l’action, est secondaire; c’est un décor qui sert de levier au propos qui ne pourrait être illustré autrement. Par un traité, c’eût été indigeste. Par l’action seule, ce serait superficiel.

- c'est aussi un réquisitoire de pensée humaniste assez virulent qui se pose en réaction à la remontée des fanatismes religieux. Un appel à l’amour de l’être humain, à contre-courant, à un moment de l’Histoire où l’humanité se méprise elle-même et se culpabilise de tous les maux du monde. Un rappel des beautés oubliées de l’être humain, et un espoir en la capacité humaine de surmonter ses horreurs pour accéder à sa propre évolution salvatrice.

- une vision 3D, plutôt qu'horizontale, de la pensée, du sentiment et de l'émotion, opposant à la Gauche et à la Droite... la Profondeur. Le texte se veut donc un univers passionnel que nous espérons profond, dont les 3 pages d'introduction (l'Exorde) résument  assez bien la bulle. Un appel à l’empathie, à la passion, à l’implication dans le monde (en réaction aux spiritualités qui proposent pour toute solution aux problèmes du monde… de s’en retirer!). Un amour du monde, à une époque où l’on trouve le monde lourd, désagréable, mauvais. Un rappel de sa beauté, de sa fragilité, de l’amour nécessaire à sa survie et à son amélioration. Un grand amour de la Vie, une passion pour sa nature mystérieuse, non vénérée comme un dieu, mais admirée et aidée avec passion et délicatesse respectueuse à la fois. Une meilleure compréhension de ceux et celles qui souffrent, un appel non plus à leur surimposer mille conseils et recettes, mais à vraiment se mettre à leur écoute pour LES comprendre, plutôt que de les utiliser pour photocopier en eux nos convictions. Et un appel à une révolte créatrice, d'ordre artistique, évolutif.

- et c'est aussi l'étude d'un concept philosophique : une étude du Paradoxe psychique. C'est le centre de l'idéologie du personnage. Le Paradoxe fait de nous une chose et son contraire; accomplir nos rêves jette le cauchemar sur le monde; aimer nous fait haïr. Notre déni rend le Paradoxe terrible en le synthétisant sous forme de religiosité, où en se prenant pour un être de lumière, on couvre le monde d’obscurité. En s’appropriant le concept d’empathie, le croyant étend partout la pire des cruautés. Samael cherche sa résolution paradigmatique, résolution bloquée par le joug du pouvoir religieux et la fatalité des choses, contre lesquels se révolte Samael en s'opposant à un Dieu allergique à l'altérité, comme tous ses fidèles. Car pour Samael, le Paradoxe et le déni font qu'au nom de la compassion, tout culte envers Dieu devient un culte envers soi, créant un obstacle puissant à la force paradigmatique empathique qui harmoniserait la Vie. L’enlèvement de sa Compagne viendra décupler sa colère devenue irrésoluble, fatale, rendant l’apocalypse incontournable. Samael étant le terrible Satan, on atteint le scandale absolu lorsqu'il devient Christ pour forcer le Paradoxe à se dépasser en paradigme et ainsi mettre fin à la guerre des Anges. Mais le drame apocalyptique est-il un effondrement fatal, ou une ouverture révélatrice? Pour le comprendre, il lui faut non revenir vers le passé, mais pousser vers le futur et y créer son propre Paradoxe du Paradoxe. De cette astuce éclate sa bombe philosophique où se révèle la psyché profonde.

Tout cela, dans l'exploration d'un mythe complexe (la Rébellion des Anges, l'abysse, les liens entre obscurité et culpabilité) qui touche aux racines des archétypes en lutte dans l'inconscient de la force évolutive. Car le Paradoxe est plus qu'une étude des contraires inconscients; il pousse sa multiplicité dans un tel niveau de complexité que certains sombrent dans la folie en tentant d'en défaire les noeuds innombrables.


C'est donc aussi une étude mythique, qui utilise des personnages composites. L'auteur a joint des entités de cultures et d'époques diverses, qui ont été classées non pas selon les méthodes courantes, mais par comportement. Ainsi apparaît un étonnant panorama où Azazel, Ganesha et Iblis ne font plus qu'une seule et même entité. Entité paradoxale, qui atteint son paradigme par cette classification. Quant à Samael... Une entité qui ose se rebeller contre un dieu tout-puissant qui peut le réduire en cendres d'un regard, mythe que l'on retrouve dans presque toutes les cultures du monde, voilà qui amène une surprise fascinée, une histoire d'un courage sacrificiel phénoménal - ou de blasphème, selon le clan - et qui touche aux fondements des plus grandes émotions humaines.


Certes, une telle oeuvre présente des écueils. Pour les amateurs d'action, le discours alourdit le récit; pour les friands d'intimisme littéraire, c'est l'action qui dérange le propos. L'incapacité à concilier au fil de la lecture les différents plans contradictoires et complémentaires de l'oeuvre rend celle-ci illisible à l'oeil classique, voire agaçante. Il faut donc déjà être un peu d'esprit samaélien pour apprécier la bâtardise du Projet Samael, et un peu suicidaire - ou milliardaire - pour le lancer sur un marché aussi restreint que le nôtre, où il n'a aucune chance d'être amorti. Pour l'amortir, il faut voir le potentiel du projet avec l'oeil samaélien. Alors seulement, il atteint un seuil de rentabilité qui tient de l'infini. Samael est un personnage mythique inclassable, «cast out», et tel est le sort de l'oeuvre qui le raconte.

Le Paradoxe, devenu désespoir chaque fois qu'il resurgit de façon incontournable ou inattendue, ou espoir quand il laisse apparaître ses portes de Paradigme, s'infiltre dans tous les aspects du récit. Roman doux et violent à la fois; empathique et dur; ouvert et fermé; facile et difficile; inévitable et irréalisable... labyrinthe où l'on devra traverser 18 Portes psychiques. Tout atteint ce point de tension de contradiction intérieure extrême, qui ne se résout qu'en se poussant, comme Samael, au bout du Paradoxe, ce point culminant qui se fait dès lors paradigme, par une alchimie mystérieuse que le lecteur doit atteindre, avec le personnage, pour percer l’oeuvre et en sortir transformé. Sans cette alchimie, l’auteur, l’oeuvre et le lecteur sont un échec, ensemble. Lorsqu’elle se produit, les trois éléments fusionnent et se dépassent en même temps pour créer une nouvelle oeuvre : le Paradigme, qui révèle la Source de Vie, le sens de l’existence... et une forme nouvelle de connaissance contenue dans notre mystique inconsciente.

Certaines astuces tirées des grands philosophes, de la mythologie, de la psychologie, de l’humanisme et de la littérature peuvent être visibles à l’oeil cultivé; mais les pré-requis ne sont cependant pas toujours indispensables pour comprendre le sens premier de l’oeuvre et tenter d’atteindre le Paradigme. Ils ne sont qu'un bonus, tout en étant l'outil du personnage, pour atteindre des connaissances certes importantes, mais secondaires.

Basé sur exactement les mêmes principes et la même structure, la section 2, Amok, est une étude de la colère et de ses paradoxes (dont l'humour comme part altéritaire de la colère).


Bonne lecture… et surtout, bonne chance, à vous comme au pauvre auteur qui s’est embarqué dans cette galère désespérée.

Résumé de l'histoire

Fresque épique sur la guerre des Anges, d’un point de vue introspectif.

Roman mythique, pamphlétaire, rebelle, humaniste, paradoxalement athée, dans un style parfois emporté, parfois touchant et magique.
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Ce spectaculaire roman est tout d’abord une histoire d’amour entre Samael et Zadkielle, celle de la passion des Archanges pour la Source de Vie qui pour les uns, est une mécanique naturelle, pour les autres, un Dieu, dont une entité s’arroge le titre et les pouvoirs, jusqu’à ce qu’éclate la rébellion, conduite par Samael, devenu Satan après une expédition traumatisante dans les lieux mystérieux du Kéther, où habiterait la Source. Seul, le lien amoureux unissant Zadkielle (Archange de la bonté) et Samael (Archange du revers nié du Soi, le mal, et de la Connaissance), met en danger le pouvoir établi. La Rébellion est terrassée lors de l’enlèvement de Zadkielle par les partisans du pouvoir central et un coup de force de Mikael qui profite de la déconvenue de Samael pour jeter bas les Rebelles. Par la suite, c’est la longue lutte des Rebelles survivants pour résister au temps, trouver à subsister dans un monde qui n’est pas le leur, rêvant du jour de la Reconquête pour laquelle ils travaillent durement, civilisant des galaxies, combattant des Mikaéliens, explorant l’univers, menés par Samael et son Conseil des trente-six présidé par Lilith. À travers cela, la quête souffrante et déchaînée, vengeresse, de Samael qui tente de retrouver sa Belle enlevée, est en soi une guerre sans merci.

Le tout commence alors que Samael, incarné en homme, sans le souvenir de son identité (pas question de sombrer dans le cliché de l'amnésie; celle-ci est fort brève et le lecteur sait qui est Samael dès le début), se retrouve sur un continent mal irrigué, dans une peuplade dominée par un voisin tyrannique. Il ne sait qu’une chose: il serait venu pour rencontrer Orphanéa, future reine d’Oréa, qui selon lui serait Zadkielle. Alors que les deux amoureux libèrent Oréa et fondent un Empire qui deviendra l’Atlantide, Samael subit des «flashbacks» de son passé et découvre progressivement sa véritable identité, qu’il accepte mal et contre laquelle il se débat, tout en la manifestant de plus en plus ouvertement. Tout cela mène éventuellement à l’affrontement sauvage de l’apocalypse, à la tombée des miroirs psychiques de l’Armaggueddon, guerre dont la Rébellion espère une issue qui favoriserait la Reconquête rêvée. En toile de fond: une Terre cataclysmique, malmenée par les changements climatiques, au bord de l’effondrement et de sa fin.

Un flamboyant roman mythique, une fresque épique, d’amour et de guerre, de réflexion, d’action, émouvant et pamphlétaire, tendre et cruel, audacieux, voire scandaleux et confrontant, raconté par Samael lui-même dans un style paradoxal: poétique, cinglant, touchant, dur comme la pierre et doux comme les fleurs, littéraire et humaniste, prométhéen, amoureux et vengeur, que l’on ne peut plus lâcher. Un récit fantastique, immense, mystérieux, qui pousse le paradoxe dans ses retranchements les plus reculés. La vie du Diable, racontée depuis sa naissance et les temps de la candeur, sa rébellion, son enfer, ses rêves.


«L’adoration de Dieu est une bien subtile adoration de soi.» Samael.