| Le Revenu de citoyenneté : civilité, civilisation Il n’est pas question, et
de toute manière pas possible en si peu d’espace, de
reprendre les débats, arguments et dossiers déjà
présentés par les experts. Pour qui la
problématique intéresse, il est possible de se
référer au livre de Michel Bernard et Michel Chartrand :
« Manifeste pour un revenu de citoyenneté»
publié aux éditions de L’Aut’Journal.
Ce qui nous intrigue plutôt depuis quelques temps, c’est l’absence d’empathie, la montée en flèche de l’inhumanité, la popularité de la froideur. Au-delà de toute considération morale, accusatrice, au-delà des salissages et du dégât des mauvaises langues, veut-on, oui ou non, éradiquer la misère? Car tout est là : diminuer la souffrance, ou se délecter de l’avoir propagée. C’est le choix actuel de la majorité, d’ailleurs. On salive à l’idée d’une coercition telle, que l’on puisse sacrifier à la misère absolue et sans issue des milliers de personnes dans le but de coincer quelques fraudeurs, plutôt que de soulager la misère, au risque que s’y faufilent quelques profiteurs. L’inhumanisation du Québec et la montée spectaculaire de la Droite, sous les coups haineux des rustres de la radio qui pendant 20 ans ont semé une haine inouïe contre les démunis et attisé le mépris envers les malades, les pauvres et toutes autres classes de défavorisés et de malchanceux, a connu ses plus étonnants moments dans les dix dernières années, en un étonnant et violent retour au système politique sauvage d’il y a deux-cents ans. Maintenant, on y est, à l’aube des uniformes et des vivas, comme si jamais 1939-1945 n’avait eu lieu, prêts à une nouvelle Shoah : l’extermination de tout ce qui semble faible et qui coûte cher : programmes sociaux, culture, science. Autrement dit, la foule salive à l’idée de détruire la civilisation. Et pourquoi pas alors prôner le retour aux palétuviers, demander asile au gorilles et supplier Ourk l’orang-outan de gouverner notre tribu? La nouvelle cheffe du PQ a dit préférer créer la richesse avant de la distribuer, un sophisme auquel nous avons déjà répondu ici. Le massacre de milliers de personnes ne doit-il pas être plus grave encore que la perte d’une culture et d’un pays? J’avais voté OUI aux deux référendums. Mais si le prix de ce pays, c’est dorénavant le sang des plus démunis, alors c’est NON! Si le prix d’un pays est devenu si élevé qu’il faille pour l’obtenir devenir une nation haineuse et génocidaire, c’est NON! Si pour se donner un pays il faut céder tout ce que nous possédons aux grands trusts et aux intérêts d’ailleurs, c’est NON! Allons au plus simple et prenons de bons cours d’anglais! La Droite a si efficacement travaillé à infiltrer le PQ et en prendre le contrôle, que même les activistes prétendument péquistes considèrent la Gauche et le SPQ libre comme des fauteurs de trouble! Depuis quand défendre les personnes les plus agressées de la société est-il associé au désordre public, et surtout, OÙ, sinon dans les régimes les plus ancrés dans l’extrême-droite? Le plus faible est redevenu l’ennemi? N’a-t-on rien appris? Pour ces raisons, et celles exprimées dans l’article Un de mon blog, je considère le Revenu de citoyenneté comme étant : - la seule, et plus durable protection contre la dictature de tous ceux qui cherchent des «inférieurs» afin de pouvoir assouvir sur eux leurs psychopathies les plus effroyables; - la plus authentique lancée des souverainistes bâillonnés; le rêve souverainiste doit reprendrs son identité véritable et fondamentale: la passion, l’humanisme, le souhait réel et concret d'une société qui ne soit pas bâtie sur le modèle excécrable de ceux qui se croient les maîtres du monde; - la meilleure façon d’affirmer que nous recherchons la coopération plutôt que la concurrence, la solidarité plutôt que l’asservissement des plus faibles, la vie plutôt que le massacre, le développement de la nation québécoise plutôt que son extermination; N'y voyons là aucun appel en faveur de Québec Solitaire, qui fait trop de concessions aux extrémistes religieux pour être vraiment considéré comme un parti de gauche. À quand un Parti Humaniste? On se demande bien sûr si «tout le monde» ne va pas cesser de travailler si un tel régime que le Revenu de citoyenneté est lancé; la réponse se trouve chez tous ces nombreux travailleurs au salaire minimum, qui préfèrent encore suer dans un vieux dépanneur que d’aller sucer des clous et prendre le moisi sur le balcon en comptant seulement sur l’aide sociale, qui est de toute manière entièrement redépensée entre les mains des commerçants et des propriétaires. Le Revenu de citoyenneté imposable n’a qu’un effet possible : éliminer enfin la misère et faire de notre pays une véritable civilisation, là où «civilité» reprend tout son sens. Samael COMMENTAIRES (Seuls les commentaires polis seront affichés) |
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