Si vous avez la Bible pour livre unique, n'y avez-vous pas lu: «Quelle maison me bâtirez-vous? Le ciel est mon trône! Mon royaume sera une hutte de feuillage sur la colline...»
Oracle de l'éternel! Le ciel est mon trône! Quelle maison me bâtirez-vous? Bonne question!
Une cathédrale?
Une mosquée, une église, une synagogue?
Un temple, avec deux colonnes, sur lesquelles vous écrirez J et B?
Une catacombe? Avec salle de bains, peut-être?
Quelle maison me bâtirez-vous? Le ciel est mon trône!
Je suis l'Infini! Où me finirez-vous?
Je suis l'Absolu! Comment me structurerez-vous?
Je suis en vous! Où m'accueillerez-vous?
Je suis Amour! Où le manifesterez-vous? Dans une nef, près des chandelles? Sur un banc vernis? Près du haut-parleur dernier modèle? Je suis Amour! Comment le serez-vous comme je le suis, sinon auprès de votre prochain? De tout ce qui a souffle de vie et le porte vibramment?
«Je suis celui qui suis et serai!» Comment célébrerez-vous mon être?
Et votre être, où est-il? L'avez-vous dispersé dans les pierres taillées de la cathédrale? L'avez-vous oublié au fond de votre ami? L'avez-vous risqué en l'investissant dans ce qui périt?
«Je suis celui qui suis et serai»: vous êtes ceux qui devez être!
Je suis.
Soyez.
Voilà mon temple, voilà ma maison.
Et la prière, alors?
Il est
écrit: «Multipliez les prières, je
n'écoute pas; faites
plutôt le bien pour la veuve et l'orphelin,
défendez la justice!» En effet! La
prière repose; elle recueille; elle vibre. Mais
elle n'apporte pas justice à
l'opprimé, ni ne donne à manger à
l'affamé. Organisez d'abord votre monde et
ensuite, oracle de l'éternel, je verrai si je peux
écouter vos prières! Et où
se feront-elles? «Dans ta chambre, pour ton Dieu qui
voit dans le secret.» Ça
aussi, c'est écrit. «Eh! protesteront
certains fidèles, mais les prières sont
vibratoires et peuvent aider le monde! Nous envoyons des
ondes positives
priant»... Échappatoire! Croyance! C'est un
fait que des gens souffrent et
aient mal! C'est une douce extase que de se retirer
souhaiter dans le silence
en pensant que cela aidera le monde plus que par des
actions directes! Plus
confortable, surtout, et fort commode, n'est-ce pas...
Mais c'est mise à la
pâte des mains et des coeurs que d'aller vers le
miséreux pour le soutenir, le
relever, lui redonner sa dignité!
Lequel d'entre
vous n'interrompt pas sa conversation pour aller
chercher son enfant qui, sans comprendre, traverse
l'autoroute? Lequel d'entre
vous ne cesse sur le champ une intéressante
discussion pour répondre à un ami,
ou une amie qui réclame de l'aide?
De même, qui
continuerait à réciter des prières,
quand son
prochain a besoin de ses bras pour l'aider à
marcher, de son appui pour gagner
sa cause, de sa parole pour se faire mieux entendre, de
ses yeux pour voir à sa
place?
De même, qui
continuerait à réciter des prières
quand son
prochain est opprimé, opprimé par un injuste
ou par l'injustice qui vit en lui?
Quand on enlève le pain de la bouche des enfants,
quand on fait trébucher
l'infirme; quand on attente à la vie; quand on
meurtrit la création, salit les
fleuves, bafoue la pureté, assassine les
forêts; quand on se rit de
l'intelligence, de l'émotion, de l'autonomie; quand
on tue en uniforme pour
justifier la tuerie!
Toi qui prie tout
le jour durant! Où es-tu quand on frappe la
femme de ton voisin? Où es-tu quand on attend
l'esseulé dans un coin sombre
pour lui faire un mauvais parti?
C'est dans la
relation avec les autres que se bâtit le royaume
intérieur, car il comprend le moi et le même.
Tu ne peux dire que moi-même, car
tu portes une part d'autrui en toi. Tu ne t'appartiens pas
tout entier; une
part de toi t'es prêtée.
Le droit consiste à être responsable de soi.
Le devoir consiste
à être responsable d'autrui.
Juste équilibre du moi-même.
«Aime ton prochain comme toi-même»;
voilà, voilà ta prière! Ne
vois-tu pas des athées lutter avec acharnement pour
la justice et le bien
commun? Pourquoi ai-je dit tant de fois que «les
bandits, les prostituées et
les incroyants vous précèdent dans le
royaume des cieux»! Ils ne se bercent pas
d'illusions, eux; ils connaissent la réalité
et savent composer avec elle.
Certains, aussi, jeûnent en guise de prière.
Pourtant, il est écrit: «Ne jeûne
pas, partage ton pain!»
Oracle de
l'éternel! Te demanderai-je, quand tu me
rencontreras, si tu t'es affamé pour moi? Te
demanderai-je sévèrement combien
de vendredis tu as laissé ton appétit mordre
à vide, pour tes péchés et pour
moi?
Eh... Je suis
Dieu! Ai-je besoin, dis, de ton jeûne? Moi qui
suis l'Infini, moi qui suis l'Absolu, moi qui suis celui
qui suis, que ferai-je
de ton sacrifice? Dis, que ferai-je d'un morceau de pain
au blé, avec du
poisson et des légumes?
N'ai-je pas mis le blé au champ? Je le remettrais là.
N'ai-je pas mis le poisson dans l'eau? Je le remettrais là.
N'ai-je pas mis le
légume en terre? Je le remettrais là.
Tu peux bien
jeûner si telle est ta fantaisie; mais je ne te le
demande pas! Je
dis de partager ton pain. Ne t'efface pas pour un dogme,
un rituel, un système,
une idée; rien ne doit t'effacer! Je t'ai
créé pour que tu t'épanouisses et
aide les autres à faire de même! Sois, sois,
sois, vis!
Souvenez-vous de
cette parole d'un prophète: «Cessez donc de
crier Palais du Seigneur! Palais du Seigneur! pour vous
bercer de paradis
illusoires. Défendez plutôt le droit dans la
vie sociale.» C'est dans votre
Bible, pourtant!
N'est-ce pas là, Oracle de l'Éternel, ce que j'ai répété dans toute votre histoire?
Le Fils n'a-t-il pas dit: «Aime ton prochain comme toi-même!»
Le Bouddha n'a-t-il pas dit: «Aimez-vous les uns les autres!»
Mahomet n'a-t-il pas dit: «Rends le bien pour le mal et tu verras ton ennemi se transformer en ami!»
Le brahmane ne dit-il pas: «que l'amour guide les coeurs et les Soi se réaliseront dans leur plénitude!»
Confucius n'a-t-il pas écrit: «le principe qui puisse guider l'action d'une vie, c'est l'amour!»
Bouddha,
répondant à Malunkyaputta qui voulait savoir
si nous
avions des vies antérieures, si le paradis
existait, si l'univers était
éternel, n'a-t-il pas dit: «savoir si ces
choses sont ou ne sont pas est sans
importance: pose plutôt des actes de sagesse! Cela
est plus urgent et plus
essentiel; suppose un homme blessé par une
flèche, qui refuserait qu'on le
soigne tant qu'on n'aurait pas découvert qui a
tiré sur lui, d'où il vient,
quels sont ces ancêtres, ce qu'il mange... Il
mourrait! De même, notre âme a le
temps de se dessécher avant que nous sachions si
Dieu existe et à quoi il
ressemble; il faut poser des gestes concrets d'amour et de
sagesse; cela est
essentiel.»
Comment oublier la
Vie, commune à tous les êtres! Comment
oublier
la sirène qui hurle au creux des coeurs? Comment
oublier, sinon en croyant les
haineux, les hargneux, les médisants, les gourous?
Comment oublier votre propre
volonté, sinon en la remettant aux mains des
autorités, qui mènent le royaume
intérieur à sa perte! Comment oublier votre
Coeur, sinon en croyant en ces
spécialistes, ces professionnels, qui jurent que
pour faire avancer la
connaissance, il faut procéder avec froideur?
Comment oublier votre
intelligence, sinon en vous l'attachant à des
problèmes insolubles: y a-t-il
des fantômes, y a-t-il des êtres cosmiques, y
a-t-il des anges assis sur nos
épaules, y a-t-il une vie avant ou après la
vie, la médiumnité et le spiritisme
existent-elles vraiment? Je vous demande de vous regarder
maintenant, pendant
la vie! D'agir à l'intérieur de la
réalité connue et urgente! Vous
évoluerez
quand vous poserez des actes de justice! Vous avancerez
quand vous aimerez! Le
monde sera beau quand vous saurez que votre prochain a
besoin d'aide!
«Pourquoi
ai-je créé le crocodile et l'âne
sauvage?» ai-je
demandé à Job. Non; pas comment! Pourquoi?
Qui a porté attention à cette parole des Écritures: «En sortant du pays d'Égypte, je ne vous ai rien demandé en holocauste et en sacrifice; je vous ai dit de suivre la route que je vous ai tracée et d'être heureux»!
Les réglementations de Moïse sur les rituels et les sacrifices? Et les tables de la loi? Ne venaient-elles pas du Ciel?
Je viens pourtant
de vous rappeler les Écritures! Oracle de
l'Éternel! Comment moi, Dieu, puis-je demander des
holocaustes? N'ai-je pas
créé l'agneau? L'ai-je créé
pour qu'il cesse aussitôt d'exister, ou pour qu'il
vive? Pourquoi voudrais-je que vous tuiez alors que je
viens de vous demander
d'aimer! Le Fils n'a-t-il pas dit: «C'est à
cause de la dureté de votre coeur
que Moïse vous a permis...» Moïse, donc,
et non pas moi! N'est-ce pas
suffisamment clair encore?
«Pourquoi
chercher le difficile alors qu'à l'origine tout est
simple, et que la réponse est simple?
«Aime de toute ton intelligence, de tout ton amour, de toute ta volonté. Pose des actes de justice et d'amour. Voilà toute la sagesse. Le reste s'apprend sur le terrain, en aimant réellement, concrètement; pas en élaborant des idées dans un petit bureau.
«Mmm, disent certains, et le travail de recherche intérieure, dans nos loges secrètes, ou dans les lieux d'ésotérisme, et tous les travaux actifs des sociétés secrètes sont-ils si néfastes, alors qu’ils favorisent plutôt la découverte de soi?»
Jamais le divin ne
parle en secret! Jamais il ne complote dans
les temples occultes! Il est écrit: «Tout ce
que j'ai dit, je l'ai crié en
public et le peuple en est témoin.» Le divin
ne parle pas en secret. Il n'y a
pas de société secrète au royaume
intérieur; pas de symbole à
déchiffrer, pas
d'étoile, de drapeau. Il n'y a pas de maître,
de souverain, pas d'aéropage dans
mon royaume. N'ai-je pas dit, souvenez-vous, au jardin des
Oliviers, de
n'appeler personne Maître? De vous considérer
égaux en tous points?
Contestez la
conspiration; aimez le conspirateur. Détestez
l'injustice; mais ne faites point de mal à
l'injuste. Combattez, avec
l'injuste, l'injustice qui est en lui. Ne conspirez pas
pour abattre les
conspirateurs; vous les remplaceriez. Sortez de leur
emprise en ne leur
ressemblant plus. Refusez d'obéir à tout ce
qui peut mettre un obstacle, si
petit soit-il, dans les relations harmonieuses entre
vivants!
La liberté
commence par cette affirmation de ce qui est juste.
Intelligemment, aimez. Certains nient l'importance des
émotions; d'autres,
celle de l'intelligence; d'autres encore, celle de la
volonté. Vous avez besoin
de tous les éléments qui vous composent! Ne
remettez pas votre intelligence
dans les mains de prêtres qui
réfléchiraient pour vous; ne remettez pas
vos
émotions et vos sentiments à demain et dans
le jugement d'autrui: vivez-les! Ne remettez pas
votre volonté entre les mains des gouvernements.
Cessez de déléguer, enfin!
Arrêtez de vous débarrasser de
vous-même sans cesse!
Oracle de
l’éternel! Craignez-vous donc tant mon
châtiment,
vous qui m'avez célébré dans la peur
et la crainte? Vous ferais-je du mal, moi
qui suis au-delà du bien et du mal?
Comment pourrais-je vous détruire? Je vous ai créés!
Comment pourrais-je vous submerger d’interdits? Je vous ai faits libres!
Comment
pourrais-je châtier? L'Infini n'a pas de limites!
Rappelez-vous
encore les Écritures: «ma main n'est pas trop
courte pour vous sauver; vos actions néfastes vous
éloignent de moi! Tournez
vos coeurs vers la justice sociale! Soutenez ceux qui sont
faibles!»
Vous avez
lu: «Ce peuple m'honore des lèvres, mais son
coeur est loin de moi...» Car vous
savez maintenant ce que sont la loi et les
prophètes: l'amour!
Les élus
n'ont pas de maître! Que ferais-je d'un
bétail soumis?
N'ai-je pas déjà des boeufs dans les
pâturages? Je n'ai pas besoin que les
Humains les imitent! Soyez, soyez Humains!
Ne cherchez pas de
messie dans les cartes du ciel; ne vous
construisez pas d'idoles, de chimères, de guides,
de chefs; tous sont égaux!
Tous, vous êtes une personne.
Tous, vous avez quelque chose à accomplir.
À livrer.
Vivez!
Vivez!
Vous êtes bonheur! Vous êtes!
Vivez!
C'est ainsi que
triomphe la paix!
Lorsque vous priez
pour obtenir quelque chose, vous créez un
absurde. En effet, pendant que l'un prie pour qu'il
pleuve, car il cultive des
tomates, l'autre veut qu'il y ait encore du soleil, car sa
cour est inondée. Si
moi, l'Infini, exauçait les prières, cela
voudrait dire que j'exaucerais l'un
et pas l'autre; que je favoriserais l'un et rejetterais
l'autre. Et on dirait
que je préfère les tomates aux cours
domiciliaires! En serait-t-il ainsi de
l'Infini? dites, répondez et devinez si cela est
sensé! Quand je vous dis:
demandez et on vous exaucera, de quoi croyez-vous que je
parle, sinon de
l'amour, des actes de justice! Ai-je déjà
parlé d'autre chose? Ainsi en est-il
lorsque vous me remerciez, moi, l'Infini, de votre
nourriture sur la table.
Cela voudrait dire, au même titre, que celui qui n'a
rien à manger pourra me
maudire? Si c'est par moi que vous avez à manger,
il faudra dire que c'est par
moi que d'autres crèvent de faim! Dites, peut-il en
être ainsi de l'Infini?
Pourrais-je, moi, Amour, prédestiner la souffrance?
Souvenez-vous de
cette parole du prophète: «Ce n'est pas le
sacrifice, que je demande, mais la
miséricorde!» C'est par le jeu des nations,
de la guerre, de l'économie, du pouvoir, de l'avoir
et du savoir que vous créez
vous-mêmes la faim et la soif dans le monde, pour
payer l'abondance de
quelques-uns! C'est à vous de dire non à vos
chefs! À vous de descendre dans la
rue, d'aller chez vos victimes, de changer les choses, ou
tout au moins de les
refuser par des actes conformes à vous-mêmes,
et à l'Infini qui vit en vous!
Je suis omniscient; pas omnificent.
Ce n'est pas par moi que vous agissez. Vous n'êtes pas avec moi comme vous l'êtes avec vos chefs.
Je vous ai
créés libres.
Vous êtes libres, mais ne croyez pas commander votre destin à la lettre! Prétendriez-vous être plus gros que l'univers qui vous entoure? Mais vous avez les outils pour vous entraider.
Que cela me
donnerait-il, si j'étais celui qui fait tout et qui
est tout, de me faire la guerre, d'être l'exploiteur
et l'exploité, de me
révolter contre mon régime, me
décapiter et me placer au pouvoir afin de me
remplacer et faire mieux que moi? Ô malheur de ceux
qui prétendent savoir ce
qu'est l'âme, ce qu'est l'univers, ce qu'il y a
avant et après la vie, ce que
sont les mystères intérieurs et lointains!
Sauriez-vous donc
ce qu'est l'Infini, et ce qu'il fait? «Ô
savant! Ceins les reins et instruis-moi! Pourquoi,
pourquoi ai-je créé le
crocodile et l'âne sauvage?»
«Ami, tu
l'as lu! «À quoi sert-il d'offrir à
l'autel si tu t'es
disputé avec ton frère?» Que Dieu
peut-il faire de toutes ces fleurs que tu lui
as coupées, alors qu'il les a mises en terre pour
qu'elles ouvrent leur vie à
la lumière? Que l'Infini fera-t-il de cette flamme
que tu allumes, qui brille
avec force dans les ténèbres, si ta propre
flamme est éteinte? «Ne vaux-tu pas
mieux qu'un chandelier?»
C'est ta vie qu'il faut allumer! Tu es créé pour vivre!
Humain, Humain, pourquoi voudrais-tu communier en silence,
dans
la paix de ta paix, si tu ne sais pas communier avec ton
prochain? Communier
avec l'Infini, ça se fait en devenant une part de
cet Infini! En aimant.
Le comprends-tu?
C'est sur ton autel intérieur que tu offriras
le sacrifice de la vérité afin de la
remplacer par la Vie. C'est en toi que Dieu vit et en toi
qu'il prend
l'offrande. Tu es l'autel de vie! De par cet autel, rien
ne meurt.
Tu es
toi-même un Dieu. Tu peux être parfait comme
l'Absolu-infini est
parfait. Non par
des offrandes, mais par
des oeuvres. Car
que pourrais-tu offrir
à l'Infini que l'Infini n'a pas? Que pourrais-tu
trouver qu'on ne trouve pas
dans l'Infini? Ce que tu peux forger de neuf, c'est
toi-même! C'est le monde,
que tu peux perfectionner! La voilà, ton offrande!
Par ta volonté, tu agiras; par ton amour, tu créeras; par ton intelligence, tu discerneras.
Vis, vis, car Dieu est vie!
Oui, les extra-terrestres et le nouveau monde... parlons-en!
«Le royaume
ne vient pas de manière à frapper les
regards. On ne
peut pas dire: il est ici! ou: il est là! En
vérité, le royaume est au milieu
de vous. »
Et que disent-ils, les savants, les maîtres de l'ésotérisme? Que mon royaume sera un grand OVNI triangulaire descendant des nuages cotonneux! Que les lumières brilleront, fascinantes, sur les flancs de l'appareil contenant la nouvelle Jérusalem! Qu'il aura même telles dimensions...
C'est tout juste
s'ils ne disent pas si on y boira Coke ou
Pepsi, ou Seven-up!
Que disent encore
ces autres prétentieux? Que mon royaume sera
une nation bien défendue à ses
frontières contre les méchants? Oui, ils
osent
dire cela, afin d'en tirer leur profit! Ils parlent d'une
terre aux murailles
hautes et infranchissables, où les armées du
diable se casseraient les dents.
Et que disent encore d'autres gens, plus loin? Encore des
lieux, des objets,
des dimensions?
J'ai pourtant dit
que le royaume était invisible. Intérieur.
Intérieur comme le dedans qui voit le dedans. Comme
le Soi qui sent le Même et
le Soi au-dedans.
Mais bien
sûr, ils vous demandent de croire sans comprendre!
Après des siècles de négation de la
dimension émotionnelle, voici qu'on nie la
dimension de l'intelligence! Que sera la prochaine? La
volonté. Les dictateurs décideront de tout
à votre place. Soyez prévenus!
Je vous ai pourtant dit sans cesse «de vous servir de votre intelligence». Je ne vous ai pas constitués d'éléments nuisibles! Le verbe est l'expression de votre volonté, de votre amour, de votre intelligence. Le verbe est votre principal contact avec les Soi par le Même.
Si vous semez de la violence, vous ne pouvez pas
récolter des
caresses. Au plus fort, si vous faites assez peur, on vous
léchera les
sandales. Ce n'est pas de l'amour, ça, et encore
moins de l'intelligence.
Mais alors,
qu'est-elle, l'intelligence? Brille-t-elle devant
les érudits, fait-elle rire dans les cocktails?
Manifeste-t-elle de grands
savoirs? Tout cela n'est que vent, comédie de
baudruches. L'intelligence n'est
pas de savoir le nombre des étoiles; n'est pas de
connaître la position des
atomes; ni de savoir compter les intérêts de
la banque ou le gain de capital à
la bourse; ni de savoir inventer les stratégies qui
permettront à un groupe
d'en écraser un autre.
L'intelligence
n'est rien de tout cela. Elle est un vécu. Elle
ne se fractionne pas dans la quantité: elle est
qualité. Qualité de la
conscience; qualité de la compréhension;
qualité de la connaissance; qualité des
sciences. Elle a une dimension éthique. Sans
éthique, elle n'est que bêtise!
La connaissance n'est pas faite pour
être arrachée et mangée. Mais pour
être vécue. On peut manquer de mémoire
et
d'esprit de déduction mais être
merveilleusement intelligent. On peut avoir de
la mémoire et de l'esprit de déduction mais
raisonner sans la moindre
intelligence. Comme on peut avoir de l'esprit de
déduction, de la mémoire et
être intelligent.
Avez-vous compris
que vos fondations sont également l'essence
de votre être et de vos actes? Ouvrez votre coeur,
ouvrez votre tête, ouvrez
vos bras pour agir; éteignez, éteignez
doucement, par l'amour, la vengeance et
la rancune car elles s'appellent Hitler. Non, ne les
refoulez pas! Cessez
simplement de les alimenter. Vous avez compris,
maintenant, qu'«il ne suffit
pas de crier Seigneur! Seigneur! pour entrer dans le
royaume». Il faut
l'action, il faut l'être.
Méfiez-vous
de tout ce qui s'appelle chef, autorité,
maître;
J'ai dit clairement, et c'est écrit:
«Certains ordonnent, d'autres obéissent:
il ne doit pas en être ainsi parmi vous. Je vous
demande de n'appeler personne
père, maître ou docteur.» Le
prêtre n'est pas votre père, mais votre
frère. Le
chef n'est pas votre maître, mais votre prochain,
même s'il ne le réalise pas.
Le savant n'est pas un docteur, mais un être Humain.
Humains! Sachez être Humains! Respectez-vous comme l'Infini vous respecte!
Écouterez-vous votre coeur, ou bien ceux qui
s'appellent Maître et
vous parlent de vos vies antérieures, de vos anges
gardiens, de
votre avenir?
Dis-moi, ami, dis-moi, amie...
Êtes-vous enfants des Atlantes? Avez-vous eu des vies antérieures? dites-moi d'où vous venez, allez... Êtes-vous descendants d'Adam et Ève? dites-moi, êtes-vous enfants de l'Église? Qui êtes-vous, au juste? Oui, qui? Êtes-vous la réincarnation de Socrate ou Madeleine de Verchères?
Répondez, vous m'intriguez!
«Instruisez-moi,
moi qui ai créé le crocodile et l'âne
sauvage!
D'où êtes-vous, vous qui, si savants,
affirmez sans détour: je suis enfant
d'Atlante; je suis le produit de mes
réincarnations; je suis de la branche de
Caïn, ou d'Abel; vous qui dites: je suis enfant de
l'Église; vous qui dites si
facilement je suis d'ici, je suis de là, je suis
ceci ou cela, mais ne savez
pas dire simplement: JE SUIS! N'y a-t-il pas des mots de
trop dans vos
réponses? Écoutez, amis, écoutez!
Vous êtes enfants de vous-mêmes!
Vous avez le pouvoir de vous redéfinir,
d'évoluer, de vous recréer!
Pourquoi vous
identifier à un drapeau, une croyance, une
idéologie, une religion, un uniforme, images de la
limitation contraignante?
Pour en devenir réellement les enfants? Une
poussière soufflée par le vent?
Les fatalistes
nous parlent de la nécessaire souffrance dans
l'évolution karmique... Que nous choisissons notre
destin avant de naître. Ne
réalisez-vous pas le danger social qu'il y a
à dire que la souffrance est
nécessaire à l'évolution, que nous
l'avons choisie, que le souffrant est seul
coupable? Savez-vous que c'est là l'application
concrète du satanisme? Savez-vous que vous
êtes génocidaires et source de massacres sans
fin lorsque vous parlez ainsi? Que
c'est la manière noire de retourner les vivants
contre eux-mêmes?
Et moi je vous
dis, comme toujours, que si la possibilité du
mal est importante pour comprendre certaines choses, la
manifestation du mal ne
l'est pas! Hitler a manifesté le mal et il ne se
maîtrisait en rien, ni n'évoluait,
coincé dans sa religiosité
bétonnée, ses haines bien commodes, ses
vérités morbides.
Et moi je vous dis
que la personne qui ose affirmer que les
treize millions d'enfants qui crèvent de faim dans
le monde l'ont choisi est
une personne dangereuse, criminelle ou bien
particulièrement étourdie de penser
que tout être pensant moyennement
équilibré puisse poser de tels choix! Gandhi
n'a-t-il pas dit qu'entre le karma et la cessation de
toute souffrance, il
choisirait toujours la cessation de toute souffrance, par
l'action directe, par
la non-violence, par la miséricorde plutôt
que par le châtiment, car il savait que la faim dans
le monde est provoquée par des
bandits exploiteurs, non par un karma, et qu'elle n'aurait
pas lieu si nous
refusions, tous, d'être complices de ce meurtre
collectif! Que l'existence-même
de l'amour et du pardon élimine d'emblée
toute légitimité karmique! Non, ne portez
pas de tels boulets.
La
responsabilité, c'est d'équilibrer droits et
devoirs.
L'univers est en formation. Vous avez pour tâche de
le faire beau et bon à
vivre. Pas de justifier la souffrance, mais de
l'éliminer parce qu'elle n'a pas
sa raison d'être.
Je ne vous ai pas
voulus poussière, enfants de vous-mêmes! Je
vous ai voulus épanouis!
Pourquoi
tenez-vous tant à avoir appris ce que vous savez
maintenant dans le passé de votre âme? La
gazelle ne sait-elle pas marcher en
naissant? Cela a-t-il une telle importance, pour vous,
d'élaborer sur des
systèmes de croyance, plutôt que de mettre la
main à la pâte?
Les élus ne se reconnaissent pas à un drapeau. On ne les reconnaît pas à leur certificat de baptême, mais à leurs actes.
Leur intensité créatrice et réformatrice.
Leur non-violence.
Leur esprit de justice.
Leur acharnement à combattre le mal et à semer du bien.
À leur amour.
Vous avez transformé une Révolution
artistique et profonde en institution religieuse
figée, morbide. Je ne vous y suivrai pas.