Prophétie: et si Dieu venait parler à ses croyants

 

Si vous avez la Bible pour livre unique, n'y avez-vous pas lu: «Quelle maison me bâtirez-vous? Le ciel est mon trône! Mon royaume sera une hutte de feuillage sur la colline...»

Oracle de l'éternel! Le ciel est mon trône! Quelle maison me bâtirez-vous? Bonne question!

Une cathédrale?

Une mosquée, une église, une synagogue?

Un temple, avec deux colonnes, sur lesquelles vous écrirez J et B?

Une catacombe? Avec salle de bains, peut-être?

Quelle maison me bâtirez-vous? Le ciel est mon trône!

Je suis l'Infini! Où me finirez-vous?

Je suis l'Absolu! Comment me structurerez-vous?

Je suis en vous! Où m'accueillerez-vous?

Je suis Amour! Où le manifesterez-vous? Dans une nef, près des chandelles? Sur un banc vernis? Près du haut-parleur dernier modèle? Je suis Amour! Comment le serez-vous comme je le suis, sinon auprès de votre prochain? De tout ce qui a souffle de vie et le porte vibramment?

«Je suis celui qui suis et serai!» Comment célébrerez-vous mon être?

Et votre être, où est-il? L'avez-vous dispersé dans les pierres taillées de la cathédrale? L'avez-vous oublié au fond de votre ami? L'avez-vous risqué en l'investissant dans ce qui périt?

«Je suis celui qui suis et serai»: vous êtes ceux qui devez être!

Je suis.

Soyez.

Voilà mon temple, voilà ma maison.

 

Et la prière, alors?

 

Il est écrit: «Multipliez les prières, je n'écoute pas; faites plutôt le bien pour la veuve et l'orphelin, défendez la justice!» En effet! La prière repose; elle recueille; elle vibre. Mais elle n'apporte pas justice à l'opprimé, ni ne donne à manger à l'affamé. Organisez d'abord votre monde et ensuite, oracle de l'éternel, je verrai si je peux écouter vos prières! Et où se feront-elles? «Dans ta chambre, pour ton Dieu qui voit dans le secret.» Ça aussi, c'est écrit. «Eh! protesteront certains fidèles, mais les prières sont vibratoires et peuvent aider le monde! Nous envoyons des ondes positives priant»... Échappatoire! Croyance! C'est un fait que des gens souffrent et aient mal! C'est une douce extase que de se retirer souhaiter dans le silence en pensant que cela aidera le monde plus que par des actions directes! Plus confortable, surtout, et fort commode, n'est-ce pas... Mais c'est mise à la pâte des mains et des coeurs que d'aller vers le miséreux pour le soutenir, le relever, lui redonner sa dignité!

Lequel d'entre vous n'interrompt pas sa conversation pour aller chercher son enfant qui, sans comprendre, traverse l'autoroute? Lequel d'entre vous ne cesse sur le champ une intéressante discussion pour répondre à un ami, ou une amie qui réclame de l'aide?

De même, qui continuerait à réciter des prières, quand son prochain a besoin de ses bras pour l'aider à marcher, de son appui pour gagner sa cause, de sa parole pour se faire mieux entendre, de ses yeux pour voir à sa place?

De même, qui continuerait à réciter des prières quand son prochain est opprimé, opprimé par un injuste ou par l'injustice qui vit en lui? Quand on enlève le pain de la bouche des enfants, quand on fait trébucher l'infirme; quand on attente à la vie; quand on meurtrit la création, salit les fleuves, bafoue la pureté, assassine les forêts; quand on se rit de l'intelligence, de l'émotion, de l'autonomie; quand on tue en uniforme pour justifier la tuerie!

Toi qui prie tout le jour durant! Où es-tu quand on frappe la femme de ton voisin? Où es-tu quand on attend l'esseulé dans un coin sombre pour lui faire un mauvais parti?

C'est dans la relation avec les autres que se bâtit le royaume intérieur, car il comprend le moi et le même. Tu ne peux dire que moi-même, car tu portes une part d'autrui en toi. Tu ne t'appartiens pas tout entier; une part de toi t'es prêtée.

Le droit consiste à être responsable de soi.

Le devoir consiste à être responsable d'autrui.

Juste équilibre du moi-même.


«Aime ton prochain comme toi-même»; voilà, voilà ta prière! Ne vois-tu pas des athées lutter avec acharnement pour la justice et le bien commun? Pourquoi ai-je dit tant de fois que «les bandits, les prostituées et les incroyants vous précèdent dans le royaume des cieux»! Ils ne se bercent pas d'illusions, eux; ils connaissent la réalité et savent composer avec elle. Certains, aussi, jeûnent en guise de prière. Pourtant, il est écrit: «Ne jeûne pas, partage ton pain!»

Oracle de l'éternel! Te demanderai-je, quand tu me rencontreras, si tu t'es affamé pour moi? Te demanderai-je sévèrement combien de vendredis tu as laissé ton appétit mordre à vide, pour tes péchés et pour moi?

Eh... Je suis Dieu! Ai-je besoin, dis, de ton jeûne? Moi qui suis l'Infini, moi qui suis l'Absolu, moi qui suis celui qui suis, que ferai-je de ton sacrifice? Dis, que ferai-je d'un morceau de pain au blé, avec du poisson et des légumes?

N'ai-je pas mis le blé au champ? Je le remettrais là.

N'ai-je pas mis le poisson dans l'eau? Je le remettrais là.

N'ai-je pas mis le légume en terre? Je le remettrais là.

Tu peux bien jeûner si telle est ta fantaisie; mais je ne te le demande pas! Je dis de partager ton pain. Ne t'efface pas pour un dogme, un rituel, un système, une idée; rien ne doit t'effacer! Je t'ai créé pour que tu t'épanouisses et aide les autres à faire de même! Sois, sois, sois, vis!

Souvenez-vous de cette parole d'un prophète: «Cessez donc de crier Palais du Seigneur! Palais du Seigneur! pour vous bercer de paradis illusoires. Défendez plutôt le droit dans la vie sociale.» C'est dans votre Bible, pourtant!

N'est-ce pas là, Oracle de l'Éternel, ce que j'ai répété dans toute votre histoire?

Le Fils n'a-t-il pas dit: «Aime ton prochain comme toi-même!»

Le Bouddha n'a-t-il pas dit: «Aimez-vous les uns les autres!»

Mahomet n'a-t-il pas dit: «Rends le bien pour le mal et tu verras ton ennemi se transformer en ami!»

Le brahmane ne dit-il pas: «que l'amour guide les coeurs et les Soi se réaliseront dans leur plénitude!»

Confucius n'a-t-il pas écrit: «le principe qui puisse guider l'action d'une vie, c'est l'amour!»

Bouddha, répondant à Malunkyaputta qui voulait savoir si nous avions des vies antérieures, si le paradis existait, si l'univers était éternel, n'a-t-il pas dit: «savoir si ces choses sont ou ne sont pas est sans importance: pose plutôt des actes de sagesse! Cela est plus urgent et plus essentiel; suppose un homme blessé par une flèche, qui refuserait qu'on le soigne tant qu'on n'aurait pas découvert qui a tiré sur lui, d'où il vient, quels sont ces ancêtres, ce qu'il mange... Il mourrait! De même, notre âme a le temps de se dessécher avant que nous sachions si Dieu existe et à quoi il ressemble; il faut poser des gestes concrets d'amour et de sagesse; cela est essentiel.»

Comment oublier la Vie, commune à tous les êtres! Comment oublier la sirène qui hurle au creux des coeurs? Comment oublier, sinon en croyant les haineux, les hargneux, les médisants, les gourous? Comment oublier votre propre volonté, sinon en la remettant aux mains des autorités, qui mènent le royaume intérieur à sa perte! Comment oublier votre Coeur, sinon en croyant en ces spécialistes, ces professionnels, qui jurent que pour faire avancer la connaissance, il faut procéder avec froideur? Comment oublier votre intelligence, sinon en vous l'attachant à des problèmes insolubles: y a-t-il des fantômes, y a-t-il des êtres cosmiques, y a-t-il des anges assis sur nos épaules, y a-t-il une vie avant ou après la vie, la médiumnité et le spiritisme existent-elles vraiment? Je vous demande de vous regarder maintenant, pendant la vie! D'agir à l'intérieur de la réalité connue et urgente! Vous évoluerez quand vous poserez des actes de justice! Vous avancerez quand vous aimerez! Le monde sera beau quand vous saurez que votre prochain a besoin d'aide!

«Pourquoi ai-je créé le crocodile et l'âne sauvage?» ai-je demandé à Job. Non; pas comment! Pourquoi?

Qui a porté attention à cette parole des Écritures: «En sortant du pays d'Égypte, je ne vous ai rien demandé en holocauste et en sacrifice; je vous ai dit de suivre la route que je vous ai tracée et d'être heureux»!

 

Les réglementations de Moïse sur les rituels et les sacrifices? Et les tables de la loi? Ne venaient-elles pas du Ciel?

 

Je viens pourtant de vous rappeler les Écritures! Oracle de l'Éternel! Comment moi, Dieu, puis-je demander des holocaustes? N'ai-je pas créé l'agneau? L'ai-je créé pour qu'il cesse aussitôt d'exister, ou pour qu'il vive? Pourquoi voudrais-je que vous tuiez alors que je viens de vous demander d'aimer! Le Fils n'a-t-il pas dit: «C'est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis...» Moïse, donc, et non pas moi! N'est-ce pas suffisamment clair encore?

«Pourquoi chercher le difficile alors qu'à l'origine tout est simple, et que la réponse est simple?

«Aime de toute ton intelligence, de tout ton amour, de toute ta volonté. Pose des actes de justice et d'amour. Voilà toute la sagesse. Le reste s'apprend sur le terrain, en aimant réellement, concrètement; pas en élaborant des idées dans un petit bureau.

 

«Mmm, disent certains, et le travail de recherche intérieure, dans nos loges secrètes, ou dans les lieux d'ésotérisme, et  tous les travaux actifs des sociétés secrètes sont-ils si néfastes, alors qu’ils favorisent plutôt la découverte de soi?»

 

Jamais le divin ne parle en secret! Jamais il ne complote dans les temples occultes! Il est écrit: «Tout ce que j'ai dit, je l'ai crié en public et le peuple en est témoin.» Le divin ne parle pas en secret. Il n'y a pas de société secrète au royaume intérieur; pas de symbole à déchiffrer, pas d'étoile, de drapeau. Il n'y a pas de maître, de souverain, pas d'aéropage dans mon royaume. N'ai-je pas dit, souvenez-vous, au jardin des Oliviers, de n'appeler personne Maître? De vous considérer égaux en tous points?

Contestez la conspiration; aimez le conspirateur. Détestez l'injustice; mais ne faites point de mal à l'injuste. Combattez, avec l'injuste, l'injustice qui est en lui. Ne conspirez pas pour abattre les conspirateurs; vous les remplaceriez. Sortez de leur emprise en ne leur ressemblant plus. Refusez d'obéir à tout ce qui peut mettre un obstacle, si petit soit-il, dans les relations harmonieuses entre vivants!

La liberté commence par cette affirmation de ce qui est juste. Intelligemment, aimez. Certains nient l'importance des émotions; d'autres, celle de l'intelligence; d'autres encore, celle de la volonté. Vous avez besoin de tous les éléments qui vous composent! Ne remettez pas votre intelligence dans les mains de prêtres qui réfléchiraient pour vous; ne remettez pas vos émotions et vos sentiments à demain et dans le jugement d'autrui: vivez-les! Ne remettez pas votre volonté entre les mains des gouvernements. Cessez de déléguer, enfin! Arrêtez de vous débarrasser de vous-même sans cesse!

Oracle de l’éternel! Craignez-vous donc tant mon châtiment, vous qui m'avez célébré dans la peur et la crainte? Vous ferais-je du mal, moi qui suis au-delà du bien et du mal?

Comment pourrais-je vous détruire? Je vous ai créés!

Comment pourrais-je vous submerger d’interdits? Je vous ai faits libres!

Comment pourrais-je châtier? L'Infini n'a pas de limites!

Rappelez-vous encore les Écritures: «ma main n'est pas trop courte pour vous sauver; vos actions néfastes vous éloignent de moi! Tournez vos coeurs vers la justice sociale! Soutenez ceux qui sont faibles!»


Vous avez lu: «Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi...» Car vous savez maintenant ce que sont la loi et les prophètes: l'amour!

Les élus n'ont pas de maître! Que ferais-je d'un bétail soumis? N'ai-je pas déjà des boeufs dans les pâturages? Je n'ai pas besoin que les Humains les imitent! Soyez, soyez Humains!

Ne cherchez pas de messie dans les cartes du ciel; ne vous construisez pas d'idoles, de chimères, de guides, de chefs; tous sont égaux!

Tous, vous êtes une personne.

Tous, vous avez quelque chose à accomplir.

À livrer.

Vivez!

Vivez!

Vous êtes bonheur! Vous êtes!

Vivez!

C'est ainsi que triomphe la paix!

Lorsque vous priez pour obtenir quelque chose, vous créez un absurde. En effet, pendant que l'un prie pour qu'il pleuve, car il cultive des tomates, l'autre veut qu'il y ait encore du soleil, car sa cour est inondée. Si moi, l'Infini, exauçait les prières, cela voudrait dire que j'exaucerais l'un et pas l'autre; que je favoriserais l'un et rejetterais l'autre. Et on dirait que je préfère les tomates aux cours domiciliaires! En serait-t-il ainsi de l'Infini? dites, répondez et devinez si cela est sensé! Quand je vous dis: demandez et on vous exaucera, de quoi croyez-vous que je parle, sinon de l'amour, des actes de justice! Ai-je déjà parlé d'autre chose? Ainsi en est-il lorsque vous me remerciez, moi, l'Infini, de votre nourriture sur la table. Cela voudrait dire, au même titre, que celui qui n'a rien à manger pourra me maudire? Si c'est par moi que vous avez à manger, il faudra dire que c'est par moi que d'autres crèvent de faim! Dites, peut-il en être ainsi de l'Infini? Pourrais-je, moi, Amour, prédestiner la souffrance?

Souvenez-vous de cette parole du prophète: «Ce n'est pas le sacrifice, que je demande, mais la miséricorde!» C'est par le jeu des nations, de la guerre, de l'économie, du pouvoir, de l'avoir et du savoir que vous créez vous-mêmes la faim et la soif dans le monde, pour payer l'abondance de quelques-uns! C'est à vous de dire non à vos chefs! À vous de descendre dans la rue, d'aller chez vos victimes, de changer les choses, ou tout au moins de les refuser par des actes conformes à vous-mêmes, et à l'Infini qui vit en vous!

Je suis omniscient; pas omnificent.

Ce n'est pas par moi que vous agissez. Vous n'êtes pas avec moi comme vous l'êtes avec vos chefs.

Je vous ai créés libres.

Vous êtes libres, mais ne croyez pas commander votre destin à la lettre! Prétendriez-vous être plus gros que l'univers qui vous entoure? Mais vous avez les outils pour vous entraider.

 

Que cela me donnerait-il, si j'étais celui qui fait tout et qui est tout, de me faire la guerre, d'être l'exploiteur et l'exploité, de me révolter contre mon régime, me décapiter et me placer au pouvoir afin de me remplacer et faire mieux que moi? Ô malheur de ceux qui prétendent savoir ce qu'est l'âme, ce qu'est l'univers, ce qu'il y a avant et après la vie, ce que sont les mystères intérieurs et lointains!

Sauriez-vous donc ce qu'est l'Infini, et ce qu'il fait? «Ô savant! Ceins les reins et instruis-moi! Pourquoi, pourquoi ai-je créé le crocodile et l'âne sauvage?»

«Ami, tu l'as lu! «À quoi sert-il d'offrir à l'autel si tu t'es disputé avec ton frère?» Que Dieu peut-il faire de toutes ces fleurs que tu lui as coupées, alors qu'il les a mises en terre pour qu'elles ouvrent leur vie à la lumière? Que l'Infini fera-t-il de cette flamme que tu allumes, qui brille avec force dans les ténèbres, si ta propre flamme est éteinte? «Ne vaux-tu pas mieux qu'un chandelier?»

C'est ta vie qu'il faut allumer! Tu es créé pour vivre!


Humain, Humain, pourquoi voudrais-tu communier en silence, dans la paix de ta paix, si tu ne sais pas communier avec ton prochain? Communier avec l'Infini, ça se fait en devenant une part de cet Infini! En aimant.

Le comprends-tu? C'est sur ton autel intérieur que tu offriras le sacrifice de la vérité afin de la remplacer par la Vie. C'est en toi que Dieu vit et en toi qu'il prend l'offrande. Tu es l'autel de vie! De par cet autel, rien ne meurt.

Tu es toi-même un Dieu. Tu peux être parfait comme l'Absolu-infini est parfait. Non par des offrandes, mais par des oeuvres.  Car que pourrais-tu offrir à l'Infini que l'Infini n'a pas? Que pourrais-tu trouver qu'on ne trouve pas dans l'Infini? Ce que tu peux forger de neuf, c'est toi-même! C'est le monde, que tu peux perfectionner! La voilà, ton offrande!

Par ta volonté, tu agiras; par ton amour, tu créeras; par ton intelligence, tu discerneras.


Vis, vis, car Dieu est vie!

 

Oui, les extra-terrestres et le nouveau monde... parlons-en!

«Le royaume ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne peut pas dire: il est ici! ou: il est là! En vérité, le royaume est au milieu de vous. »

Et que disent-ils, les savants, les maîtres de l'ésotérisme? Que mon royaume sera un grand OVNI triangulaire descendant des nuages cotonneux! Que les lumières brilleront, fascinantes, sur les flancs de l'appareil contenant la nouvelle Jérusalem! Qu'il aura même telles dimensions...

C'est tout juste s'ils ne disent pas si on y boira Coke ou Pepsi, ou Seven-up!

Que disent encore ces autres prétentieux? Que mon royaume sera une nation bien défendue à ses frontières contre les méchants? Oui, ils osent dire cela, afin d'en tirer leur profit! Ils parlent d'une terre aux murailles hautes et infranchissables, où les armées du diable se casseraient les dents. Et que disent encore d'autres gens, plus loin? Encore des lieux, des objets, des dimensions?

J'ai pourtant dit que le royaume était invisible. Intérieur. Intérieur comme le dedans qui voit le dedans. Comme le Soi qui sent le Même et le Soi au-dedans.

Mais bien sûr, ils vous demandent de croire sans comprendre! Après des siècles de négation de la dimension émotionnelle, voici qu'on nie la dimension de l'intelligence! Que sera la prochaine? La volonté. Les dictateurs décideront de tout à votre place. Soyez prévenus!

Je vous ai pourtant dit sans cesse «de vous servir de votre intelligence». Je ne vous ai pas constitués d'éléments nuisibles! Le verbe est l'expression de votre volonté, de votre amour, de votre intelligence. Le verbe est votre principal contact avec les Soi par le Même.


Si vous semez de la violence, vous ne pouvez pas récolter des caresses. Au plus fort, si vous faites assez peur, on vous léchera les sandales. Ce n'est pas de l'amour, ça, et encore moins de l'intelligence.

Mais alors, qu'est-elle, l'intelligence? Brille-t-elle devant les érudits, fait-elle rire dans les cocktails? Manifeste-t-elle de grands savoirs? Tout cela n'est que vent, comédie de baudruches. L'intelligence n'est pas de savoir le nombre des étoiles; n'est pas de connaître la position des atomes; ni de savoir compter les intérêts de la banque ou le gain de capital à la bourse; ni de savoir inventer les stratégies qui permettront à un groupe d'en écraser un autre.

L'intelligence n'est rien de tout cela. Elle est un vécu. Elle ne se fractionne pas dans la quantité: elle est qualité. Qualité de la conscience; qualité de la compréhension; qualité de la connaissance; qualité des sciences. Elle a une dimension éthique. Sans éthique, elle n'est que bêtise!


La connaissance n'est pas faite pour être arrachée et mangée. Mais pour être vécue. On peut manquer de mémoire et d'esprit de déduction mais être merveilleusement intelligent. On peut avoir de la mémoire et de l'esprit de déduction mais raisonner sans la moindre intelligence. Comme on peut avoir de l'esprit de déduction, de la mémoire et être intelligent.

Avez-vous compris que vos fondations sont également l'essence de votre être et de vos actes? Ouvrez votre coeur, ouvrez votre tête, ouvrez vos bras pour agir; éteignez, éteignez doucement, par l'amour, la vengeance et la rancune car elles s'appellent Hitler. Non, ne les refoulez pas! Cessez simplement de les alimenter. Vous avez compris, maintenant, qu'«il ne suffit pas de crier Seigneur! Seigneur! pour entrer dans le royaume». Il faut l'action, il faut l'être.

Méfiez-vous de tout ce qui s'appelle chef, autorité, maître; J'ai dit clairement, et c'est écrit: «Certains ordonnent, d'autres obéissent: il ne doit pas en être ainsi parmi vous. Je vous demande de n'appeler personne père, maître ou docteur.» Le prêtre n'est pas votre père, mais votre frère. Le chef n'est pas votre maître, mais votre prochain, même s'il ne le réalise pas. Le savant n'est pas un docteur, mais un être Humain.

Humains! Sachez être Humains! Respectez-vous comme l'Infini vous respecte!


Écouterez-vous votre coeur, ou bien ceux qui s'appellent Maître et vous parlent de vos vies antérieures, de vos anges gardiens,  de votre avenir?


Dis-moi, ami, dis-moi, amie...

Êtes-vous enfants des Atlantes? Avez-vous eu des vies antérieures? dites-moi d'où vous venez, allez... Êtes-vous descendants d'Adam et Ève? dites-moi, êtes-vous enfants de l'Église? Qui êtes-vous, au juste? Oui, qui? Êtes-vous la réincarnation de Socrate ou Madeleine de Verchères?

Répondez, vous m'intriguez!

«Instruisez-moi, moi qui ai créé le crocodile et l'âne sauvage! D'où êtes-vous, vous qui, si savants, affirmez sans détour: je suis enfant d'Atlante; je suis le produit de mes réincarnations; je suis de la branche de Caïn, ou d'Abel; vous qui dites: je suis enfant de l'Église; vous qui dites si facilement je suis d'ici, je suis de là, je suis ceci ou cela, mais ne savez pas dire simplement: JE SUIS! N'y a-t-il pas des mots de trop dans vos réponses? Écoutez, amis, écoutez!

Vous êtes enfants de vous-mêmes!


Vous avez le pouvoir de vous redéfinir, d'évoluer, de vous recréer!

Pourquoi vous identifier à un drapeau, une croyance, une idéologie, une religion, un uniforme, images de la limitation contraignante? Pour en devenir réellement les enfants? Une poussière soufflée par le vent?

Les fatalistes nous parlent de la nécessaire souffrance dans l'évolution karmique... Que nous choisissons notre destin avant de naître. Ne réalisez-vous pas le danger social qu'il y a à dire que la souffrance est nécessaire à l'évolution, que nous l'avons choisie, que le souffrant est seul coupable? Savez-vous que c'est là l'application concrète du satanisme? Savez-vous que vous êtes génocidaires et source de massacres sans fin lorsque vous parlez ainsi? Que c'est la manière noire de retourner les vivants contre eux-mêmes?

Et moi je vous dis, comme toujours, que si la possibilité du mal est importante pour comprendre certaines choses, la manifestation du mal ne l'est pas! Hitler a manifesté le mal et il ne se maîtrisait en rien, ni n'évoluait, coincé dans sa religiosité bétonnée, ses haines bien commodes, ses vérités morbides.

Et moi je vous dis que la personne qui ose affirmer que les treize millions d'enfants qui crèvent de faim dans le monde l'ont choisi est une personne dangereuse, criminelle ou bien particulièrement étourdie de penser que tout être pensant moyennement équilibré puisse poser de tels choix! Gandhi n'a-t-il pas dit qu'entre le karma et la cessation de toute souffrance, il choisirait toujours la cessation de toute souffrance, par l'action directe, par la non-violence, par la miséricorde plutôt que par le châtiment, car il savait que la faim dans le monde est provoquée par des bandits exploiteurs, non par un karma, et qu'elle n'aurait pas lieu si nous refusions, tous, d'être complices de ce meurtre collectif! Que l'existence-même de l'amour et du pardon élimine d'emblée toute légitimité karmique!  Non, ne portez pas de tels boulets.

La responsabilité, c'est d'équilibrer droits et devoirs. L'univers est en formation. Vous avez pour tâche de le faire beau et bon à vivre. Pas de justifier la souffrance, mais de l'éliminer parce qu'elle n'a pas sa raison d'être.

Je ne vous ai pas voulus poussière, enfants de vous-mêmes! Je vous ai voulus épanouis!

Pourquoi tenez-vous tant à avoir appris ce que vous savez maintenant dans le passé de votre âme? La gazelle ne sait-elle pas marcher en naissant? Cela a-t-il une telle importance, pour vous, d'élaborer sur des systèmes de croyance, plutôt que de mettre la main à la pâte?

Les élus ne se reconnaissent pas à un drapeau. On ne les reconnaît pas à leur certificat de baptême, mais à leurs actes.

Leur intensité créatrice et réformatrice.

Leur non-violence.

Leur esprit de justice.

Leur acharnement à combattre le mal et à semer du bien.

À leur amour.


Vous avez transformé une Révolution artistique et profonde en institution religieuse figée, morbide. Je ne vous y suivrai pas.