Franchise

 

Certaines d’entre mes anciennes relations ont de quoi nous faire étouffer d’incrédulité lorsque, agressant des gens par des propos terribles, les mots-épées trouvent leur justification éhontée: «Je suis trop franc, les gens n’aiment pas ça». Belle tournure!

 

La franchise n’est pas de dire la méchanceté des autres, mais la sienne propre! Aaaaallô!

 

Or, on voit celle d’autrui, surtout; on oublie la nôtre, tout en s’émouvant de notre franche bonté d’avoir ainsi accusé autrui de nos propres crimes. Mais, c’est naturel. Lorsque l’on est trop conscient de notre propre méchanceté, on ne peut développer d’estime pour soi-même, et l’estime de soi est nécessaire au développement du Moi. Alors, c’est un mécanisme de protection : on se préserve de voir nos travers. Ça rend difficiles les relations et les réconciliations, car à cause de ce mécanisme, l’autre a toujours tort. On le sait bien, sans pourtant pouvoir s’arracher à ce maudit mécanisme. La Sagesse n’est pas tout; il lui faut la pratique, sans laquelle on ne diffère des assassins que par une inclination non appliquée. Mais devient-on enfin un Sage, que vite, l’on se retrouve balayé du paysage de l’existence, n’ayant point place parmi autrui.

C'est con, non?