Une étude bidimensionnelle parue dans un journal irréfléchi disait que les sociétés islamiques rigoristes, ou les familles aux valeurs conservatrices et religieuses, présentent une plus grande stabilité émotionnelle. S'ensuivit un débat, par lequel l'on chercha à savoir si ces résultats étaient probants.
Bien évidemment que ces résultats PARAISSENT probants, puisque c'est le choix de la facilité. Le jeune n'a plus la dure et longue tâche de chercher et construire une identité; on lui en impose une toute faite et hop, la stabilité sociale par le clonage identitaire!
Une certaine instabilité émotionnelle est nécessaire ou, tout au moins, difficilement évitable lorsque l'on se construit et que l'on crée; grandir est un vécu intense et passionnant, même si, par moments, il est douloureux de développer sa distinction. Mais combien les résultats en sont plus remarquables : une maturité s'installe progressivement; une certaine sagesse et de l'expérience devant la diversité de la vie surgissent d'une tornade que l'on baptise à tort «instabilité émotionnelle».
Alors que le choix facile de la
placidité comportementale par
l'uniformisation, s'il semble attrayant au départ, ne
mène vers aucune
construction de soi, aucun approfondissement, aucune
maturation, d'autant plus
que l'essentielle étape de l'adolescence est
comprimée, refoulée, fracassée.
Son identité non développée, l'individu
demeure robotisé, programmé, sans âme.
Quand on veut trop éviter les problèmes, on en devient un.