Creuser l’horizontalité : que l’humanité soit prioritaire à ses systèmes

Aller en profondeur, c’est rejoindre notre humanité. La rappeler à la Vie, alors que nos débats figés, nos positions cimentées en Droite et en Gauche ou autres horizontalités éteignent les raisons mêmes pour lesquelles au départ nous nous sommes impliqués : les gens!

Lorsque nous en sommes à refuser notre écoute et notre aide à des gens parce qu’ils ne sont pas de notre horizon politique ou que leurs idées nous agacent, tel que je l’ai vu à maintes reprises des deux côtés de la barricade, nous sommes devenus des fanatiques. Or, un fanatique peut être bien des choses, sauf humain.

Un être humain ne refuse pas son empathie pour des raisons politiques!

C’est l’une des bases d’un nouvel humanisme moderne, qui considère non plus seulement la force d’une intelligence bien trempée, mais y ajoute l’intelligence du cœur, que tout lecteur d’Alice Miller devrait depuis longtemps avoir redécouverte.

Aller en profondeur, c’est renoncer à nos haines bien commodes et travailler à créer une société où chacun se sentirait inclus.

C’est créer un espace de détente par lequel nous pouvons retrouver en nous les blessures devenues des armes mortelles, afin de les cautériser.

L’humanisme moderne consiste donc à favoriser notre humanité, et à combattre l’inhumanité, tant en nous-mêmes que dans les sphères politiques d’autrui.

Les exagérations politiques, qui nous poussent sur l’horizon des partis écartés sur la carte à deux dimensions, doivent être tempérées pour récupérer une vision, vision de soi, du monde, de la société, dont le regard pousse au-dedans, fouille les entrailles d’une psyché qui ne se nie que trop.

Pour bien agir socialement, pour produire adéquatement sur le plan politique, il faut savoir s’examiner soi-même et composer avec l’altérité. Il est nécessaire de parcourir le monde d’un regard humanisé, qui se sait part de la diversité de la Vie. Une part d’autrui restera toujours mystérieuse et imperceptible; une part de soi sera toujours incomprise ou insaisie par autrui. L’unisson ne passe pas toujours par la compréhension; il peut passer par l’acceptation, l’émerveillement, la découverte d’un être qui nous est incompatible et qui pourtant, vit et trouve sa place dans le monde.

Notre courte existence est un inestimable voyage de découverte. Se la gâcher en passant son temps à haïr, à se sentir agacé par autrui, à chercher des coupables, est un inimaginable gaspillage d’existence.

La meilleure volonté du monde n’empêche hélas point les guerres; les psychopathes et sociopathes vivent du sang d’autrui et carburent au narcissisme meurtrier. Lorsque cette folie s’empare d’une société entière, c’est le cauchemar jeté sur le monde. Il y en aura d’autres.

Ce qui n’est pas une raison pour en déclencher…

Une certaine férocité dans le débat peut être permise lorsque chacun sait qu’un point au bout d’un débat signifie qu’il est terminé et que l’on peut aller festoyer ensemble.

Faudrait-il tout de même d’abord cesser de se faire la guerre à soi-même et de viser une certaine convergence du soi vers son sens global.

Alors, ces idées posées, par où construit-on une société humanisée?

Voyons, en redonnant à l’enfant son libre accès à la vie! En cessant de le gaver d’idéologies, de religions, de haines bien commodes! En l’entourant d’affection, en l’éduquant, en lui permettant de s’armer psychiquement pour traverser les durs moments de l’existence!

L’on a tendance à considérer avec émerveillement qu’un enfant n’ait été ni abusé ni battu; or, ça devrait être là un état normal, tout bonnement normal, et non un phénomène inouï! Le point de départ et non le point d’arrivée!

L’enfant sainement entouré doit aussi être sainement éduqué; l’enfant sainement éduqué doit aussi être sainement entouré.

Notre humanité doit primer sur nos idées; nos bons rapports doivent primer sur nos lois et perceptions du monde… l’humanité doit être prioritaire à ses systèmes. Aussi, les structures socio-politiques doivent être pliées à notre humanité et favoriser le développement humain au lieu de contraindre celui-ci aux idées politiques qui dès lors, déconnectées de la réalité, deviennent notre ennemi, un virus dans le sang de l’humanité.

Plonger vers nos dimensions intérieures, réanimer notre humanité.

Il n’y aura pas de grands humains autrement.

Samael

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